La jeunesse de Mwene-Ditu, autrefois perçue comme le fer de lance du développement local, semble progressivement sombrer dans un cercle vicieux de consommation excessive d’alcool, au détriment des perspectives d’avenir. Une enquête de terrain menée ce samedi par les reporters d’Actu-Service.com révèle une tendance alarmante : de nombreux jeunes ont érigé l’alcool en priorité quotidienne, reléguant au second plan l’éducation, la formation et l’entrepreneuriat. Ce phénomène, loin d’être anodin, interroge sur l’avenir socio-économique d’une génération censée incarner le renouveau de la région.
Au cours de leur ronde dans plusieurs quartiers de la ville, nos équipes ont observé une présence massive de jeunes attroupés autour des débits de boissons, et ce, dès les premières heures de la journée. Les échanges avec certains d’entre eux ont confirmé une banalisation inquiétante de l’ivresse. « Ici, on boit pour oublier le chômage, le manque d’opportunités. Certains commencent dès 9h du matin », confie l’un d’eux, sous couvert d’anonymat.
Cette situation n’est pas sans conséquences : désœuvrement, abandon scolaire, violences urbaines et dégradation de la santé publique sont autant de maux qui se développent en parallèle. « Comment une jeunesse qui passe son temps à s’enivrer peut-elle bâtir l’avenir de Mwene-Ditu ? », s’interroge un notable local, visiblement désemparé.
Des causes structurelles et un cadre législatif laxiste
Plusieurs facteurs expliquent cette dérive. En premier lieu, la prolifération anarchique des débits de boissons alcoolisées, souvent installés à proximité des écoles et des lieux publics, sans respect des normes en vigueur. « Il y a trop de points de vente, et aucun contrôle. Certains vendent même aux mineurs », déplore un agent communal.
En outre, l’absence d’alternatives crédibles pour occuper les jeunes aggrave la situation. Le manque d’infrastructures sportives, de centres de formation professionnelle et de programmes d’accompagnement à l’entrepreneuriat laisse un vide que l’alcool comble aisément. « Quand on n’a ni travail ni espoir, la bouteille devient une échappatoire », analyse un travailleur social.
Face à ce fléau, des voix s’élèvent pour réclamer des mesures urgentes. Les acteurs locaux insistent sur la nécessité de : Réglementer strictement la vente d’alcool : limitation des licences, interdiction de vente aux mineurs, et fermeture des établissements illégaux;
Créer des alternatives attractives : développement de centres de formation, promotion du sport et de la culture, soutien aux microprojets jeunes; et sensibiliser massivement : campagnes de prévention sur les dangers de l’alcoolisme, implication des leaders religieux et communautaires.
« Il est temps d’agir avant que toute une génération ne soit perdue », alerte un responsable associatif. Et d’ajouter : « La jeunesse est une force vive. Si on l’encadre mal, elle peut devenir une bombe sociale».
Quel avenir pour Mwene-Ditu ?
Si des initiatives isolées existent çà et là, une réponse coordonnée et volontariste des pouvoirs publics reste indispensable. Les observateurs s’accordent à dire que sans une politique jeunesse ambitieuse, associée à un contrôle rigoureux du secteur de l’alcool, la situation risque de se détériorer davantage.
L’alcoolisation galopante des jeunes à Mwene-Ditu n’est pas une fatalité. Elle appelle une mobilisation collective pour redonner à cette jeunesse les moyens de se construire un avenir. Comme le rappelle un enseignant : « Un pays qui néglige sa jeunesse hypothèque son propre développement».
Zephirin Tshimanga






















































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