À l’occasion de la semaine internationale de mobilisation à Bunia, la coalition « notre terre sans pétrole » a lancé un appel urgent et retentissant pour l’arrêt immédiat de tous les projets d’énergies fossiles en République démocratique du Congo. Cette activité, organisée hier vendredi, visait à sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes congolais et à exiger des alternatives de développement durables et justes.
John Lufukaribu, représentant de l’organisation Forum des engagés pour le développement durable (FORED), a pris la parole au nom de la coalition pour exprimer une position sans équivoque. «Il est temps d’écouter les voix des communautés affectées qui refusent de devenir des zones de sacrifices suite aux projets fossiles en RDC», a-t-il souligné, mettant en avant la détresse des populations directement impactées.
La coalition « Notre Terre sans pétrole » regroupe plusieurs organisations clés, dont la Fédération du comité des pêcheurs du lac Albert (FECOPELA), le Rassemblement des personnes pour le développement intégral (RPDI), le Cadre de concertation de la société civile sur les ressources naturelles (CDC), et l’Association des femmes et filles-mères, aux côtés du FORED.

Ces organisations ont alerté sur les conséquences « très fâcheuses » des projets fossiles, citant l’exemple concret de l’Ouganda. Elles ont mis en lumière les impacts dévastateurs des activités des entreprises TotalEnergies et du projet East african crude oil pipeline (EACOP), un oléoduc de 1 443 km reliant l’Ouganda à la Tanzanie. Ce projet a déjà provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes, entraînant des pertes significatives de terres agricoles et des dommages graves aux écosystèmes.
Ces violations ont d’ailleurs déjà donné lieu à plusieurs procédures judiciaires. Les communautés affectées en Ouganda ont saisi la Cour de la justice de l’Afrique de l’Est, tandis qu’en France, des actions ont été intentées dans le cadre de la loi sur le devoir de vigilance, témoignant de la gravité et de la dimension transnationale de ces préoccupations.

La coalition « Notre Terre sans pétrole » exprime une vive inquiétude face à la perspective d’un raccordement des blocs pétroliers congolais au graben Albertine. Elle craint que cela ne « renforce les menaces sur les populations riveraines du Lac Albert et sur les forêts du bassin du Congo », des zones d’une biodiversité inestimable et d’une importance capitale pour l’équilibre climatique mondial.
L’opposition de la coalition se concentre particulièrement sur le plan de relance pétrolier massif en RDC, qui prévoit la mise en vente de 52 blocs pétroliers et gaziers. Ces blocs couvrent une superficie colossale de 124 millions d’hectares, dont 8,3 millions d’hectares d’aires protégées. Une partie de ces blocs se trouve dans la cuvette centrale, une région reconnue comme la plus grande réserve de carbone tropical au monde, dont la préservation est cruciale pour la lutte contre le changement climatique.
Pour la coalition, il est impératif que la RDC « tourne le dos » à ces projets fossiles et s’engage résolument vers des alternatives énergétiques et de développement durables, protégeant ainsi son patrimoine naturel et assurant un avenir plus juste pour ses communautés.
Serge Karba / Ituri






















































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