La journée mondiale de la lutte contre la Tuberculose, habituellement célébrée le 24 mars de chaque année, a été commémorée de manière décalée ce vendredi 13 juin 2025 à Bunia. L’événement a réuni la déléguée du Gouverneur de l’Ituri et plusieurs partenaires clés engagés dans cette bataille sanitaire. Le thème national, « Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose en RDCongo : engageons-nous, investissons-nous et agissons ensemble », a résonné comme un appel pressant à la mobilisation générale.
Le Dr. Justin Munkokole, Médecin coordonnateur du Programme national de lutte contre la lèpre et la tuberculose en Ituri, a dressé un tableau préoccupant de la situation. En 2024, la province a notifié 13 329 cas de tuberculose. Les données révèlent une prédominance masculine (71% d’hommes contre 29% de femmes), avec 8,4% des cas touchant des enfants. Parmi les malades, 8% étaient également co-infectés. Tragiquement, la maladie a causé 343 décès.

Le taux de succès thérapeutique, bien qu’atteignant 84%, est impacté négativement par deux facteurs majeurs : les interruptions de traitement par les patients et l’insécurité persistante qui défavorise l’évaluation et le suivi. La tuberculose n’épargne aucune des 36 zones de santé de l’Ituri, mais certaines sont particulièrement touchées. La Zone de Santé de Bunia arrive en tête avec près de 2 500 cas, et le Territoire de Djugu est également identifié comme l’un des plus affectés.
Face à ces statistiques et à la persistance de la maladie, le Dr. Munkokole a lancé un appel vibrant à un engagement de tous. «Nous sollicitons l’engagement de tous, car la lutte contre la tuberculose ne dépend pas seulement du secteur santé», a-t-il insisté. Cette approche multisectorielle est cruciale pour atteindre l’objectif d’élimination de la tuberculose à l’horizon 2030.

Pour y parvenir, le Médecin Coordonnateur a appelé à une mobilisation communautaire pour identifier et orienter tous les individus présentant une toux persistante vers les centres de dépistage. Il a rappelé que les traitements étaient gratuits pour les cas diagnostiqués, soulignant l’importance d’un accès sans entraves aux soins.
L’implication des communautés, des autorités locales, des leaders d’opinion et de tous les partenaires au-delà du simple secteur de la santé est essentielle pour briser la chaîne de transmission et assurer la prise en charge complète des malades, garantissant ainsi un avenir sans tuberculose pour l’Ituri.
Serge Karba/Ituri





















































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