La récente note circulaire du ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté relative au maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires continue de susciter des réactions et des clarifications au sein des structures éducatives de la République démocratique du Congo. La dernière en date provient de la Commission épiscopale pour l’éducation chrétienne (CEEC), à travers une correspondance officielle signée par l’Abbé Emmanuel Bashiki K., Directeur et Secrétaire de ladite Commission.
FK – Actu-Service
Dans cette correspondance (réf : N°CEEC/CONAT/ECCATH/EBK/0115/2025), adressée aux Coordinateurs Provinciaux, Diocésains ainsi qu’aux Conseillers Résidents des écoles conventionnées catholiques, la CEEC exprime son souci de clarifier la position de l’Église Catholique face à la directive ministérielle du 12 juillet 2025. L’objet de cette communication est explicite : « Orientation autour de la circulaire sur le maintien des filles enceintes dans les établissements scolaires. »
Le rappel des engagements conventionnels
D’entrée de jeu, la CEEC se réfère à l’Article 5 de la Convention signée entre l’État congolais et les confessions religieuses, qui précise le cadre d’intervention des écoles conventionnées. Selon l’Abbé Bashiki, le Secrétaire Général du Ministère ne s’est pas référé à la CEEC avant la publication de sa note circulaire et ne l’a pas non plus adressée aux Coordinateurs nationaux des écoles conventionnées catholiques. En conséquence, la CEEC considère qu’elle n’est pas officiellement concernée par ladite disposition.
Toutefois, fidèle à sa mission chrétienne et éducative, la Commission ne rejette pas en bloc la question. Elle demande à ses responsables éducatifs d’agir avec « charité pastorale » en cas de grossesse d’une élève, en orientant celle-ci vers les écoles de gestionnaires directement concernés par la circulaire ministérielle. Elle souligne que cela devra se faire dans le respect des principes éthiques, tout en garantissant à ces jeunes filles l’accès à l’éducation sans discrimination.
La CEEC rappelle ainsi qu’elle souhaite préserver l’intégrité de l’enseignement catholique, sans toutefois exclure les élèves, tout en respectant les orientations de l’État congolais dans le domaine éducatif. Elle appelle également à une concertation et à un dialogue plus approfondi entre les parties prenantes, afin de concilier la foi, la pédagogie, l’éthique et l’inclusion.
Une décision saluée pour sa clarté
Cette prise de position est perçue comme un acte de responsabilité de la part de la CEEC, soucieuse de rester fidèle à ses valeurs chrétiennes tout en tenant compte de la réalité sociétale. Elle évite ainsi toute confusion dans l’interprétation de la directive ministérielle et renvoie à une coordination plus explicite à l’avenir, tout en mettant en avant le discernement pastoral.
La dépêche de la CEEC se termine par des salutations fraternelles « in Christo Yesu », témoignant de son attachement à la mission évangélique de l’éducation.
Alors que les débats autour de l’inclusion des filles enceintes à l’école battent leur plein, cette note de la Commission Épiscopale pour l’Éducation Chrétienne vient apporter une nuance importante dans la compréhension des rôles, obligations et limites des écoles conventionnées catholiques. Elle invite également à un dialogue entre l’État et les confessions religieuses pour un système éducatif plus équitable, humain et respectueux des valeurs spirituelles et républicaines.




















































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