Dans le cadre de la formation de sept jours organisée par le Fonds national des réparations en faveur des victimes (FONAREV) à Kananga, sous l’impulsion de son directeur général Patrick Fata, Maître Mhyrhand Mulumba, coordonnateur régional du FONAREV pour l’espace Grand Kasaï, a livré un exposé détaillé sur l’historique et les racines profondes des tragiques événements liés au phénomène Kamuina Nsapu.
Cette session de formation, qui réunit 130 enquêteurs chargés d’identifier les victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, a été l’occasion d’un éclairage sur le contexte socio-politique ayant engendré ce conflit dévastateur.
Maître Mhyrhand Mulumba a retracé l’origine du chef coutumier Jean-Pierre Mpandi, tristement célèbre sous le nom de Kamuina Nsapu. Il a expliqué comment ce leader traditionnel en est venu à créer son mouvement coutumier, caractérisé par des pratiques ancestrales et le recrutement de jeunes enfants autour d’un autel. L’objectif de ces pratiques, selon le coordonnateur régional du FONAREV, était de neutraliser les forces de sécurité et l’armée congolaise (FARDC) de l’époque. Maître Mulumba a précisé que cette période d’intense activité du mouvement Kamuina Nsapu s’est étendue de 2016 à 2018.

L’exposé de Maître Mulumba a permis de mettre en lumière les deux principaux motifs ayant conduit à cette rébellion. Le premier élément déclencheur fut le viol de l’épouse du chef coutumier Kamuina Nsapu par des éléments des FARDC durant la période où Joseph Kabila était au pouvoir. Cet événement traumatisant aurait profondément marqué le leader coutumier et alimenté un sentiment de révolte et de désir de justice.
Le second motif, selon le coordonnateur du FONAREV, résidait dans l’opposition farouche de ce chef coutumier, issu du groupement Bajila Kasanga dans le territoire de Dibaya, à l’existence même du pouvoir exercé par Joseph Kabila. Ce rejet du régime en place s’est ainsi cristallisé autour de la figure de Kamuina Nsapu, donnant naissance à un mouvement de contestation armée.

Maître Mhyrhand Mulumba a souligné les conséquences dramatiques de ces affrontements qui ont ensanglanté la ville de Kananga et l’ensemble du Grand Kasaï. Un nombre considérable de citoyens ont perdu la vie, tandis que d’innombrables autres ont été victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres formes de violations graves des droits humains. Ce bilan humain désastreux a engendré une multitude de victimes directes, ayant subi les atrocités, mais également des victimes indirectes, telles que les familles endeuillées et les communautés profondément affectées par la violence.
C’est dans ce contexte de souffrances et d’injustice que le Fonds national des réparations en faveur des victimes (FONAREV) a été amené à intervenir. Maître Mulumba a rappelé la mission fondamentale du FONAREV : rendre justice aux victimes, les rétablir dans leurs droits et réparer les préjudices qu’elles ont subis. La formation des 130 enquêteurs à Kananga s’inscrit directement dans cet effort de justice transitionnelle, visant à identifier de manière exhaustive les personnes affectées par le conflit Kamuina Nsapu afin de pouvoir leur offrir une réparation adéquate.
Il convient de rappeler que cette formation a débuté le samedi 17 mai dans la salle du barreau du Kasaï-Central à Kananga et se déroulera sur une période totale de sept jours.
Félix Mulumba






















































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